Rencontre interculturelle
Des élèves de sixième du Mont-sur-Lausanne interviewent deux requérants d’asile hébergés dans l’abri PC du centre du village.

Danilo Gay (debout) présente les deux invités, Vincent et Souleymane, requérants d’asile, hébergés dans l’abri PC du Mont-sur-Lausanne.
Vincent Emecheb et Souleymane Diallo, deux jeunes hommes africains sont venus dans notre école le jeudi 31 mai pour nous raconter leur histoire.
Vincent vient du Nigéria et parle anglais. Durant l’interview, il a été traduit par Danilo Gay du GAMM (Groupe d'Accueil des Migrants au Mont) qui accompagnait les invités. Le Nigérian a trois frères et soeurs. Souleymane, lui, vient de Guinée Conakry où on parle le français. Il a quitté son pays, sa famille (quatre frères et deux soeurs) à vingt-deux ans, il y a deux années de cela. Tous deux sont célibataires.
Le Nigeria, pays de Vincent, est une république depuis mai 1999. Le pays a subi de fortes tensions pour des raisons religieuses.
La Guinée Conakry, d’où vient Souleymane, est un pays républicain. L'ancien président, victime d’une tentative d'assassinat, a dû fuir le pays. Depuis sa fuite, tous les proches du président sont les ennemis du nouveau régime. C’est le cas de Souleymane.
Depuis leur départ, Souleymane n'a aucun contact avec sa famille (cela fait deux ans) alors que Vincent, lui, en a chaque semaine.
Migration pour cause de persécution
Comme ils nous l’ont expliqué, vivre dans son pays d'origine n'est pas toujours possible... Vincent a dû quitter son pays car il y était persécuté. Il suivait une formation pour devenir prêtre. Il a été persécuté et presque sacrifié par la population de son village au nom d’une idole religieuse. Il est donc parti du Nigeria pour arriver en Suisse. Son périple n’a pas été sans mal: il a traversé la Turquie, la Syrie et la Grèce où il a passé trois ans avant d’arriver en Suisse. Au cours de son long voyage, il a dû traverser des frontières, parfois sous le tir des mitraillettes car les gardes-frontières ne voulaient pas le laisser passer. Il s’est à plusieurs reprises réfugié dans des forêts pour ne pas se faire tirer dessus. Lors d’un de ces passages, il a dû survivre sans nourriture ni eau pendant trois jours.
Il est maintenant en Suisse depuis trois mois dans le centre de requérants du Mont-sur-Lausanne.
Il a été difficile d’obtenir ces informations car parler de ce sujet leur rappelait trop de souvenirs horribles.
Parce que voyager n’est pas toujours agréable...
Souleymane quant à lui faisait des études de médecine à l’université de Guinée. Quand le président a été renversé, il a été obligé de fuir son pays car sa vie en dépendait. En effet il était ami avec la fille du président.
Il a d’abord atterri en Espagne. Son séjour a duré six semaines. Ensuite il est allé en Belgique pour finalement arriver en Suisse, cela fait maintenant deux mois. Mais à cause des accords de Dublin, la Suisse ne veut pas s’occuper de son cas. C’est en effet l’Espagne qui doit le prendre en charge, puisque c’est le premier pays dans lequel il est arrivé.

Vincent dessine au tableau le symbole de la Suisse et ce qu’il signifiait pour lui lorsqu’il a entrepris son long et périlleux voyage pour rejoindre notre pays.
La Suisse, un pays à l’accueil glacial
Souleymane a rencontré un Suisse pour la première fois à Vallorbe. Le Suisse en question a d’abord voulu savoir pourquoi il demandait l'asile en Suisse et pas de l’autre côté de la frontière, en France. Souleymane lui a répondu que la croix blanche de la Suisse ressemble à la Croix rouge que l'on voit sur les véhicules sanitaires en Afrique et qu’il pensait ainsi que la Suisse était une terre d’asile, accueillante et bienveillante.
Pourtant Souleymane et Vincent ont été terriblement déçus de l'accueil de notre pays. Ils ne s’y sentent d’ailleurs pas bien. Partout, on essaie de les dégoûter.
Lorsqu'on leur parle des abris pour requérants, Vincent s'exprime : "J'ai préféré le refuge de Vallorbe à celui du Mont car on voyait la lumière du jour et on ne respirait pas de l'air artificiel. »
L'attente en Suisse
“Je n’ai pas à me plaindre, assure Souleymane.” Pourtant, les conditions de vie affectent chaque jour les réfugiés. Vivant dans un abri antiatomique, ils respirent de l’air artificiel et les repas laissent souvent à désirer. Il est très dur pour eux de dormir la nuit car à chaque fois qu’un autre résidant du centre entre dans le dortoir, il allume la lumière et donc réveille ceux qui dorment déjà.
Mais le plus dur est de supporter le regard des Suisses. Souleymane parle des gens qui rapprochent leur sac au moment où il rentre dans le bus, comme si tous les étrangers étaient des voleurs. Et il y a ceux qui les insultent carrément. Vincent nous raconte comment les gens l’observent, soit comme un monstre, soit comme une personne sans importance, une personne qu’on ignore. On sent de la colère dans la voix de Vincent.
Leurs journées se passent ainsi : "On part du Mont à dix heures pour passer la journée aux Boveresses (un centre d' accueil de jour pour requérants avec quelques ordinateurs, des lits et une table de ping-pong) et on revient à 18h au Mont". Les journées sont terriblement longues.
Vincent et Souleymane aimeraient travailler pour s'occuper, même bénévolement, mais ils ne peuvent pas car ils n'ont pas de permis.
Une attente sans fin pour un avenir incertain
Les deux jeunes gens parlent de leur interminable attente concernant leur requête de permis ainsi que leurs projets d’avenir. Souleymane souhaite habiter et finir ses études légalement en Suisse et Vincent ressent l’envie de fonder une famille mais l’absence de permis leur bloque toute possibilité. Malgré cela, ils ne se disent pas prêts à s’embarquer dans des manigances illégales pour gagner un peu plus d’argent que les 3.-frs qu’ils reçoivent quotidiennement. “Je n’ai pas de problèmes avec la police ni avec d’autres gens, nous a expliqué Souleymane, je ne fais rien d’illégal,.”
“Je n’ai pas le choix de retourner dans mon pays si les autorités suisses refusent ma demande d’asile”. Tels sont les dires de Vincent. Sauf que s’il retourne dans son pays, il risque de se faire exécuter. Il va donc essayer de sauver sa vie et obtenir le droit de rester en Suisse. Souleymane, lui, espère rester en Suisse pour terminer ses études de médecine au lieu de retourner en Espagne dont il ne parle pas la langue.
Les élèves de 6.2 et 6.3
du Mont-sur-Lausanne
Lettre d'information de la CPRSI
(Commission protestante romande Suisses-Immigrés)
Roms et mendicité
La présence des Roms en Suisse a occupé l’espace médiatique ces dernières années, entre autres avec les décisions de certaines communes et cantons d’interdire ou de limiter la mendicité. Comme chaque été, l’occupation autorisée ou non d’aires de séjour/de transit par des gens du voyage a également fait la « Une » des journaux. Il s’agit pourtant de deux réalités qui concernent des populations différentes.
La Commission protestante romande Suisses-immigrés (CPRSI), dont la vocation première est d’informer et de sensibiliser les Eglises réformées et leurs membres sur les questions d’actualité concernant les personnes étrangères qui vivent en Suisse, vous propose dans cette lettre différents textes et témoignages permettant de mieux connaître la réalité Rom et d’alimenter votre réflexion.
Pour lire toute la lettre d'information, merci de cliquer ICI
Migrants et paysans dans la tourmente

Les effets pervers de la mondialisation
Les uns et les autres subissent les effets pervers des mêmes politiques et des mêmes auteurs qui agissent au plus haut niveau ici et là-bas. Cela engendre une révolte auprès des personnes concernées.
Des vies précarisés, de la misère morale et physique ici et là-bas...
Une brochure qu'il vaut la peine de lire! A charger sur votre ordinateur en pdf ICI
ou à commander auprès de la
Commission Protestante Romande
Suisses - Immigrés (CPRSI)
c/o La Fraternité du CSP
Place Arlaud 2 - 1003 Lausanne
Téléphone 021 213 03 53
Mariages binationaux
Une brochure qui est toujours d'une grande actualité
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